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Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /Juil /2010 07:31

Platon (V° siècle avant J.C) , La République, Livre 7... 

Le mythe de la caverne est une allégorie qui illustre la situation des hommes par rapport à la vraie lumière, c’est-à-dire par rapport à la vérité.

Supposons des captifs enchaînés dans une demeure souterraine, le
visage tourné vers la paroi opposée à l’entrée, et dans l’impossibilité
de voir autre chose que cette paroi. Elle est éclairée par les reflets
d’un feu qui brûle au dehors, sur une hauteur à mi pente de laquelle
passe une route bordée d’un petit mur.

Derrière ce mur défilent des gens portant sur leurs épaules des objets hétéroclites, statuettes d’hommes, d’animaux, etc...

De ces objets, les captifs ne voient que l’ombre projetée par le
feu sur le fond de la caverne. De même, ils n’entendent que les échos
des paroles qu’échangent les porteurs. Habitués depuis leur naissance à
contempler ces vaines images, à écouter ces sons confus dont ils
ignorent l’origine, ils vivent dans un monde de fantômes qu’ils
prennent pour des réalités.




Soudain, l’un d’entre eux est délivré de ses chaînes et entraîné
vers la lumière. Au départ, il en est tout ébloui. La lumière du soleil
lui fait mal, il ne distingue rien de ce qui l’entoure. D’instinct, il
cherche à reposer ses yeux dans l’ombre qui ne le blessait pas. Peu à
peu, cependant, ses yeux s’accoutument à la lumière, et il commence à
voir le reflet des objets réfléchis dans les eaux. Plus tard, il se
sent prêt à en affronter la vue directe. Enfin, il deviendra capable de
soutenir l’éclat du soleil.

C’est alors qu’il réalise que sa vie antérieure n’était qu’un rêve
sombre, et il se met à plaindre ses anciens compagnons de captivité.
Mais s’il redescend près d’eux pour les instruire, pour leur montrer le
leurre dans lequel ils vivent et leur décrire le monde de la lumière,
qui l’écoutera sans rire, qui donnera surtout créance à sa révélation ?
Les plus sages eux-mêmes le traiteront de fou et iront jusqu’à le
menacer de mort s’il s’obstine.

On distingue sans peine la signification de cette allégorie. La
caverne est le monde sensible dans lequel nous évoluons, le symbole de
toutes les dictatures, visibles comme invisibles.

Nous sommes enchaînés dans cette caverne, esclaves de nous-mêmes
et de notre éducation. La lumière est au dehors, mais il faut du
courage pour la rejoindre, supporter la souffrance et la peur pour
affronter la vérité. Nous devrons parcourir le sentier, qui est celui
de la philosophie, pour espérer entrevoir la lumière.

Cependant le philosophe, s’il est de son devoir de partager son
savoir, aura du mal à le faire accepter par ceux qui sont restés dans
la caverne. C’est pourquoi il est souvent rejeté. Il pourra dire ce
qu’il a vu (et donc compris), mais il ne pourra jamais totalement
décrire le chemin par lequel il est passé. L’apprenti philosophe doit
donc entendre et accepter, à travers ce mythe, que sa vision du monde
est une illusion, car basée sur des a priori, et qu’il doit sortir de
la caverne pour se mettre réellement en quête de la vérité. Pour cela,
il doit faire preuve d’humilité, appliquer la politique de la table
rase, en oubliant ce qu’il a vu dans la caverne.
Par Gregor - Publié dans : textes de base
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Lundi 12 juillet 2010 1 12 /07 /Juil /2010 22:26


    Le passage suivant est la retranscription de sept pages manuscrites rédigées par Krishnamurti entre 1967 et 1969 ; la ponctuation originale et les tirets séparant les différents passages ont été respectés. Les paragraphes initiaux ont déjà été inclus dans certains des premiers Bulletins ; le reste est inédit.

La méditation, si elle implique la moindre forme d’effort, n’est plus de la méditation. La méditation n’est pas un accomplissement, une pratique quotidienne répétitive soumise à un système, ni une méthode où l’on vise à atteindre un but recherché. Toute notion d’imagination et de mesure doit être définitivement bannie. La méditation n’est pas le moyen d’accéder à une fin : c’est une fin en soi. Mais pour qu’il y ait méditation, celui qui médite doit cesser d’exister.

Jiddu Krishnamurti

La méditation n’est pas une expérience, une accumulation de souvenirs en vue d’un plaisir futur. Celui qui vit l’expérience suit un itinéraire qui reste toujours limité par le cadre de ses propres projections, du temps et de la pensée. Dans cet environnement confiné de la pensée, la liberté est un concept, une formule et, dans ce cadre-là, jamais le penseur ne peut être en contact avec le mouvement de la méditation. Un mouvement n’a ni commencement ni fin, mais pour le penseur le centre demeure.

La méditation, c’est toujours le présent ; or la pensée appartient toujours au passé. La conscience, dans sa totalité, est pensée, et ses limites étroites excluent l’état de méditation. La méditation consciente, c’est l’appréhension de plus en plus précise de ces limites, et la destruction de toute liberté ; tant que demeurent les frontières de l’esprit, il n’est point de liberté. Et ce n’est que dans la liberté qu’est la méditation.

Sans la méditation, vous serez à jamais esclaves du temps et de son ombre portée — la souffrance. Le temps, c’est la souffrance.

Le silence et l’amour sont indissociables. Pour comprendre, soyez silencieux.

Méditer, c’est être vulnérable, d’une vulnérabilité qui n’a ni passé ni futur, ni hier ni lendemain. N’est vulnérable que ce qui est neuf.

La méditation n’est pas la voie d’accès à des expériences uniques, exceptionnelles : de telles expériences mènent à l’isolement, aux processus d’enfermement liés aux souvenirs assujettis au temps, faisant obstacle à la liberté.

La vallée était nappée de fleurs ; sur ses flancs un tapis de fleurs de toutes les couleurs possibles et imaginables s’étalait avec la richesse, la profusion qu’a la terre elle-même — avec tout son foisonnement de villes, d’usines et de prairies verdoyantes, de forêts et de verts pâturages — égalant en richesse et en beauté cette vallée. Pourtant cette abondance qui, grâce à la nature et à l’homme, foisonne à la surface du globe, est vouée à mourir pour se reconstituer à nouveau. La richesse de la méditation n’est pas le fait de la pensée ou du plaisir que suscite la pensée ; elle est ailleurs, de l’autre côté, sur l’autre versant de la fleur et du nuage. D’où jaillit une richesse incommensurable, comme celle de l’amour et de la beauté — or jamais pareilles choses ne se trouvent de ce côté-ci de la fleur et du nuage.

Le temps, c’est la mémoire. L’extase est hors du temps. La félicité de la méditation ne s’inscrit pas dans la durée. La joie devient plaisir dès qu’elle a une continuité. A l’aune du temps des horloges, la félicité de la méditation n’est rien qu’une seconde, mais dans cette seconde s’inscrit le mouvement global de la vie hors le temps, mouvement qui n’a ni commencement ni fin. Dans la méditation, une seconde, c’est l’infini.

KrishnamurtiSoyez loin. Loin de cet univers de chaos et de malheur, tout en vivant en son sein, sans pour autant qu’il vous atteigne. Cela n’est possible qu’à condition d’avoir l’esprit méditatif, un esprit qui tourne son regard de l’autre côté de la fleur, vers l’autre versant du nuage. L’esprit méditatif n’est lié ni au passé ni au futur, tout en jouissant de la pleine capacité de vivre en toute clarté et en toute raison dans ce monde. Le monde n’est que désordre : il n’a pour seul ordre que le désordre et pour seule morale que l’immoralité. Dans un tel univers, vaine est la quête d’une clarté et de sa mise en ordre au profit de ce monde. A peine mise en Ïuvre, elle se change en ténèbres. La nature de cette clarté est sa vacuité même. C’est parce qu’elle est vide qu’elle est claire ; c’est parce qu’elle est négative qu’elle est positive. Sans savoir où vous êtes, soyez loin. Là où la notion de vous et moi n’a plus cours.

La mort ne concerne que ceux qui possèdent, ceux qui ont une sépulture où reposer. La vie est un mouvement évoluant dans la relation et l’attachement ; la négation de ce mouvement est la mort. N’ayez ni refuge extérieur, ni refuge intérieur ; ayez une chambre, une maison, ou une famille, mais n’en faites pas une cachette, un moyen de vous fuir vous-même. Le havre que s’est créé votre esprit, en cultivant la vertu, en se livrant à la superstition des croyances, en s’exerçant à la maîtrise habile du savoir-faire ou se lançant dans l’activité, débouchera inévitablement sur la mort. Impossible d’échapper à la mort si vous appartenez à ce monde, à cette Société dont vous faites partie. Cet homme, qui est mort, là, tout près de chez vous, ou à des milliers de kilomètres, c’est vous ; depuis des années, il prépare sa mort avec le plus grand soin, comme vous. C’est ce qu’il appelle vivre — comme vous — que ce soit une vie d’efforts, une vie de souffrance, ou une plaisante comédie. Mais la mort est toujours présente, aux aguets, à l’affût. Celui qui meurt chaque jour, en revanche, est au-delà de la mort.

Mourir, c’est aimer. La beauté de l’amour n’est ni dans les souvenirs passés ni dans les images projetées dans l’avenir. L’amour ne possède ni passé ni futur. Tout ce qui possède est mémoire, et la pensée, c’est le plaisir — qui n’est point l’amour. L’amour, avec sa passion, est juste au-delà de cette zone où évolue la société — c’est-à-dire vous. Mourez — et il est là.

La méditation est à la fois un mouvement de l’inconnu et dans l’inconnu. Ce n’est pas vous qui êtes là, mais rien que le mouvement. Vous êtes trop insignifiant, ou trop grand pour ce mouvement que rien précède ni ne suit. Il est cette énergie avec laquelle la pensée-matière ne peut entrer en contact. La pensée est perversion car elle est le produit du passé ; elle est prisonnière des vicissitudes de tous les siècles passés, d’où son caractère confus et incertain. Quoi que vous fassiez, le connu ne pourra jamais accéder à l’inconnu. La méditation, c’est mourir au connu.

Il faut puiser aux sources du silence pour regarder et écouter. Le silence, ce n’est pas la cessation du bruit ; le silence, ce n’est pas l’arrêt du vacarme incessant de l’esprit et du cÏur ; ce n’est pas le produit ni le résultat du désir, pas plus qu’un effet de la volonté. La conscience, dans sa globalité, est un mouvement incessant et bruyant, évoluant dans des limites qu’elle s’impose elle-même. Dans ce cadre-là, tout silence ou immobilité est la cessation momentanée du bavardage, mais c’est un silence touché par le temps. Le temps, c’est la mémoire, et pour elle, le silence est de plus ou moins longue durée ; le temps et la mémoire peuvent le mesurer, lui offrir un espace, lui donner une continuité — il devient alors un jouet de plus. Mais le silence, ce n’est pas cela. Tout ce qui est élaboré par la pensée reste du domaine du bruit, et la pensée ne peut absolument pas faire silence. Elle peut se forger une image du silence et s’y conformer, la vénérer, comme elle fait pour tant d’autres images de sa fabrication. Ayant fait du silence une formule, elle le nie par là-même ; les symboles qu’elle élabore sont la négation même de la réalité. Pour que soit le silence, la pensée elle-même doit être immobile et silencieuse. Le silence, à l’opposé de la pensée, est toujours neuf. La pensée, étant toujours vieille, ne peut en aucun cas pénétrer le silence, qui est toujours neuf. Ce qui est neuf devient vieux dès que la pensée le touche. C’est en puisant aux sources de ce silence qu’il faut regarder et parler. L’anonymat véritable est issu du silence ; nulle autre humilité n’existe. Les vaniteux seront toujours des vaniteux, même s’ils se drapent dans l’humilité, ce qui fait d’eux des êtres durs et cassants. Jailli de ce silence, le mot amour prend un tout autre sens. Ce silence n’est pas là-bas quelque part : il est là où n’est point le bruit que fait l’observateur absolu.

Seule l’innocence peut être passionnée. Les innocents ignorent la douleur, la souffrance, même s’ils ont vécu des milliers d’expériences. Ce ne sont pas les expériences qui corrompent l’esprit, mais les traces qu’elles laissent, les résidus, les cicatrices, les souvenirs. Ils s’accumulent, s’entassent les uns sur les autres, c’est alors que commence la souffrance. Cette souffrance, c’est le temps. Le temps ne peut cohabiter avec l’innocence. La passion ne naît pas de la souffrance. La souffrance, c’est l’expérience, l’expérience de la vie quotidienne, cette vie de tortures, de plaisirs éphémères, de peurs et de certitudes. Nul ne peut échapper à ces expériences, mais rien n’oblige à les laisser s’enraciner dans le terreau de notre esprit. Ce sont ces racines qui suscitent les problèmes, les conflits et les luttes incessantes. La seule issue, c’est de mourir chaque jour au jour précédent. Seul un esprit clair peut être passionné. Sans passion, on ne voit ni la brise qui joue dans le feuillage, ni l’eau éclaboussée par le soleil. Sans passion, point d’amour.

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Voir et faire, c’est tout un. L’intervalle entre le voir et le faire est un gaspillage d’énergie, énergie qui est nécessaire pour voir — autrement dit pour faire.

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L’amour ne peut exister que lorsque la pensée est silencieuse, immobile. La pensée est tout à fait incapable de produire ce silence. Elle peut seulement élaborer des images, des formules, des idées, mais ce silence immobile ne peut en aucun cas être touché par la pensée. La pensée, à l’opposé de l’amour, est toujours quelque chose de vieux.

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L’organisme physique a son intelligence propre, qui s’émousse sous l’effet des habitudes de plaisir. Ces habitudes détruisent la sensibilité de l’organisme, et ainsi la finesse de l’esprit se trouve à son tour émoussée. Cet esprit peut être vigilant dans une mesure étroite et limitée, tout en étant insensible. Un tel esprit, très mesurable quant à sa profondeur, est la proie des images et des illusions. C’est à sa superficialité même qu’il doit d’être brillant. La méditation requiert un organisme délié et intelligent. L’interrelation entre l’esprit méditatif et son organisme est un jeu de réajustement perpétuel de la sensitivité. Car la méditation exige la liberté. La discipline qui lui est propre, c’est la liberté. L’attention ne peut exister que dans la liberté. Etre attentif, c’est prendre conscience de l’inattention. L’attention totale, c’est l’amour. Lui seul a la capacité de voir, voilà pourquoi voir et faire sont une seule et même chose.

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La souffrance est l’aboutissement ultime du désir et du plaisir. Or l’amour est incompatible avec la souffrance. Ce qui est porteur de souffrance, c’est la pensée, la pensée qui donne une continuité au plaisir, qui nourrit le plaisir, le renforce. La pensée est perpétuellement en quête de plaisir, ouvrant ainsi la voie à la douleur. La vertu que cultive la pensée, c’est la voie du plaisir, qui implique l’effort et la réussite. Ce n’est pas dans le terreau de la pensée que fleurit l’ultime bien, mais dans la libération, la délivrance de toute souffrance. La fin de la souffrance, c’est l’amour.

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L’ambition isole. Individuelle ou collective, l’ambition, quelle qu’en soient les formes, mène inévitablement aux antagonismes et aux haines poussant au repli sur soi. Lorsque la famille prend de l’importance, c’est au détriment, à l’encontre du voisin — qu’il soit tout proche où à des milliers de kilomètres ; c’est à l’encontre de l’humanité toute entière. Qu’elle soit en quête des biens de ce monde ou d’un « autre » univers, l’ambition est la même, sous des jours dissemblables. La voie de l’ambition, c’est le conflit, et le conflit, sous quelque forme que ce soit, met fin à l’essence du beau et du bon, à l’amour. L’ambition et l’amour ne peuvent cohabiter. Comment la beauté peut-elle être du côté des ambitieux ? La beauté n’existe que lorsque l’Ïil n’est pas contaminé par la pensée, car la beauté est l’essence même de la non-pensée. La beauté n’est pas une sensation, un plaisir. La beauté, comme l’amour, est l’abandon total du centre, de l’ego. La beauté est inséparable de l’amour et de la mort. Qui en elle sont contenus.

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L’austérité n’a rien de dur, d’agressif, de brutal. Son expression extérieure n’est pas nécessairement décelable ; si elle l’est, alors c’est qu’elle est partie prenante dans tout ce cirque que l’homme cultive depuis toujours avec tant de diligence. L’austérité est un mouvement intérieur, pas une condition requise ; toute chose vivante est difficile à étudier, contrairement à une chose morte, qui peut être copiée. Une austérité intérieure profonde est indispensable pour pouvoir abandonner totalement tout le mécanisme du conflit - l’ego. Sans cette liberté-là, point d’amour ; et sans l’amour, il n’est point de beauté.

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L’exclusion et la solitude ne sont pas synonymes ; là où il y a solitude, il n’y a pas exclusion. S’isoler, c’est élever tout autour de soi un mur de résistance, mais cela ne vous apporte nullement la solitude, qui, elle, est nécessaire. Car c’est dans la solitude que l’on commence à découvrir les mouvements de ses propres pensées-sentiments. C’est dans cette solitude que sont grandes ouvertes les portes de la perception.

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Il est une beauté au-delà de la beauté visible aux yeux. Ce que voit le regard est assez pauvre et superficiel ; son jugement reste étroit, limité ; ce qu’il voit est conditionné par les souvenirs ; c’est une vision comparative. Mais la beauté qui ne concerne pas simplement le regard ne se trouve ni dans la nature, ni dans les livres, ni dans aucun temple, dans aucune église. Elle est en dehors et au-delà de tout cela. Pour la rencontrer, situez-vous plus loin que la pensée et le plaisir.

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L’amour n’est jamais le plaisir. Dans le plaisir il entre toujours de la douleur et de la peur. Le plaisir n’est jamais beau. L’esprit en quête des félicités de l’amour ne trouvera que l’excitation de la pensée, les images qu’elle a façonnées. L’amour n’est pas suscité par la pensée, et lorsque tel est le cas, il n’est que sensation, désir. Le désir n’est jamais l’amour. Le désir est quête de satisfaction, sensuelle ou intellectuelle ; ce n’est pas de l’amour. La pensée et l’amour ne peuvent jamais se rejoindre ; ce sont deux mouvements différents, dont l’un détruit l’autre.

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Poème de Krishnamurti 1929

Les croyances ne sont que superstition. Ce qui est — c’est-à-dire le fait — n’a nul besoin de croyances, de conclusions qui empêchent de voir ce qui est. Le fait est beaucoup plus important que les conclusions que l’on tire de lui. L’acte de tirer des conclusions est totalement différent de l’action liée à ce qui est. Cette action-là est porteuse de liberté, alors que la première nous soumet au joug du temps.

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La méditation n’est pas la voie de l’expérience. Si vous êtes en quête d’expériences plus larges, plus profondes, il faut vous soumettre, obéir. Toutes les expériences ont une fin, mais la douleur et l’attente demeurent. L’abolition, l’achèvement de la souffrance est le commencement de la sagesse, qui n’est pas le fruit de l’expérience. L’expérience ne fait que renforcer, amplifier le savoir. L’amour et la sagesse ne peuvent cohabiter.

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Se connaître soi-même — les activités, les interminables dialogues , les fantasmes, les illusions sans fin de l’ego, le réseau des mouvements qui lui sont propres — c’est cela, abolir la souffrance. La souffrance fait obstacle à la clarté. La méditation est cette clarté dans laquelle n’entre nulle division. L’opposé est le résultat de la confusion.

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Le sentiment est de l’ordre de la pensée ; il n’existe aucun sentiment d’où la pensée soit exclue. Mais le sentiment existe-t-il vraiment ? L’amour est dénué de sentiments car qui dit sentiment dit sensiblerie, sentimentalisme, dévotion, attachement, colère, etc. L’amour est dénué de qualités, d’attributs. L’amour n’est ni sensation ni plaisir, et dans l’amour n’entre point tout le travail du temps. L’amour est à lui-même sa propre action, sa propre éternité.

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Etre présent au monde, c’est éviter le monde.

Par Gregor - Publié dans : coup de coeur - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Lundi 12 juillet 2010 1 12 /07 /Juil /2010 21:48

De l'éclosion d'un être, d'un autre moi même, je deviens, prend naissance dans ton regard, ta poitrine gonflée, se penche en arrière, nuées poudrées, rejetées d'un souffle, parler, s'éprendre, se délecter de ce moment qui nous invente l'un à l'autre, et l'un pour l'autre.  Avant que quelques ressentiments, préjugés mornes et vain, viennent plomber la grâce, précipiter la chute, prenons encore le temps de créer d'autres vies, d'imaginer l'instant, d'oublier ce qui dans nos coeurs se fend; tout cela tire en arrière, tout cela n'existe plus, puisque je t'ai croisé, tu m'as croisé, nous en sommes devenus différent. Il n'a pas dû beaucoup évoluer celui qui prétend qu'on ne change pas, c'est un autre constat que je fais, on en revient toujours à nous même, à nos pensées solitaires, on revient un jour en arrière, mais c'est un défaut d'appréciation, une faute de jugement, une quelconque médiocrité de la vue, qui nous rend insensible aux changements, et qui élimine de notre conscience cet autre que nous fûmes. Nous étions inventé, pour plaire, pour nous plaire, pour être en adéquation avec un moment, pour être ajusté à une certaine idée, à une certaine poésie de l'existence. Et comme cette nécessité tombe, que nous nous revenons en nous même, et qu'il n'y a plus de poésie, que de lointaines contrées, bannies de nos sens, nous peinons à croire que ce fût réel. Mais comme nous avons aimé être celui là que nous fûmes en cet instant particulier et cher à notre coeur, nous prenons conscience - au moins en partie - de ce que le temps est pour nous, d'une certaine manière -grâce à l'émotion profonde de cet instant qui reste implantée dans notre chair, nous pouvons contempler, la fausseté de nos jugements, de nos convictions, de cette étrange toile, qui tisse notre conscience, et de la complexité des phénomènes psychologiques. Si l'on veut se rapprocher de la vérité de notre être, à un moment donné, nous devons inventer une autre personne prenant conscience d'elle même à un autre moment - se référant au passé de sa vie. Cela revient à dire que nous n'existons qu'en tant que nouvelle personne sans cesse renouvelée. Et c'est par la contrainte de nos liens affectifs avec ceux que nous connaissons, bref, ce n'est que parce que nous devons nous retrouver les uns les autres, que nous nions cette évolution, en reproduisant certains comportements, certaines "parodies" de notre personnalité.

En acceptant qu'il est impossible, de se retrouver soi même "complètement", nous prenons le risque de perdre les autres, et pourtant il est impensable de se reconnaître, quelque soit le degré de conscience de notre personnalité, il est faux, de prétendre que quoi que ce soit, puisse nous rendre reconnaissable. (si l'on accepte déjà de se demander ce que nous fûmes précisément).

Et pourtant, c'est sur cette fausseté, que se jouent et se lient nos rapports humains, car nous avons besoin de ce subtil mensonge, afin de ne pas perturber "la bêtise", qui dans chaque cerveau d'humain, à besoin de pouvoir ranger et reproduire en imagination, son réseau social. Plus fort encore, il doit exister un schéma, une sorte de projection, de diaporama collectif, du rôle reconnu de chacun.

A cause de cela, nous ne pouvons croire, qu'il puisse exister quelques éclosions de notre personnalité, connues de quelques rares personnes, connues seulement de nous même, vis à vis d'un autre nous même, à cause de cela également nous souffrons de ce manque, à cause de cela nous tremblons pour demain, nous abdiquons d'hier, à cause de cela nous freinons nos envies, notre volonté de nous créer, de créer des moments rares avec d'autres personnes, à cause de cela, nous nous pourrissons constamment la vie.

Par Gregor - Publié dans : Poesies - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /Juil /2010 15:02

Il y en a beaucoup qui meurent trop tard et quelques-uns qui meurent trop tôt. La doctrine qui dit : "Meurs à temps !" semble encore étrange.

Meurs à temps : voilà ce qu'enseigne Zarathoustra.

Il est vrai que celui qui n'a jamais vécu à temps ne saurait mourir à temps. Qu'il ne soit donc jamais né ! — Voilà ce que je conseille aux superflus.

Mais les superflus eux-mêmes font les importants avec leur mort, et la noix la plus creuse prétend être cassée.

Ils accordent tous de l'importance à la mort : mais pour eux la mort n'est pas encore une fête. Les hommes ne savent point encore comment on consacre les plus belles fêtes.

Je vous montre la mort qui consacre, la mort qui, pour les vivants, devient un aiguillon et une promesse.

L'accomplisseur meurt de sa mort, victorieux, entouré de ceux qui espèrent et qui promettent.

C'est ainsi qu'il faudrait apprendre à mourir ; et il ne devrait pas y avoir de fête, sans qu'un tel mourant ne sanctifie les serments des vivants !

Mourir ainsi est la meilleure chose ; mais la seconde est celle-ci : mourir au combat et répandre une grande âme.

Mais haïe tant par le combattant que par le victorieux est votre mort grimaçante qui s'avance en rampant, comme un voleur — et qui pourtant vient en maître.

Je vous fait l'éloge de ma mort, de la mort volontaire, qui me vient puisqueje veux.

Et quand voudrais-je ? — Celui qui a un but et un héritier, veut pour but et héritier la mort à temps.

Et, par respect pour le but et l'héritier, il ne suspendra plus de couronnes fanées dans le sanctuaire de la vie.

En vérité, je ne veux pas ressembler aux cordiers : ils tirent leur fils en longueur et vont eux-mêmes toujours en arrière.

Il y en a aussi qui deviennent trop vieux pour leurs vérités et leurs victoires ; une bouche édentée n'as plus droit à toutes les vérités.

Et tous ceux qui cherchent la gloire doivent au bon moment prendre congé de l'honneur, et exercer l'art difficile de s'en aller à temps.

Il faut cesser de se faire manger, au moment où l'on vous trouve le plus de goût : ceux-là le savent qui veulent être aimés longtemps.

Il y a bien aussi des pommes aigres dont la destinée est d'attendre jusqu'au dernier jour de l'automne. Et elles deviennent en même temps mûres jaunes et ridées.

Chez les uns le cœur vieillit d'abord, chez d'autres l'esprit. Et quelques-uns sont vieux dans leur jeunesse : mais quand on est jeune très tard, on reste jeune très longtemps.

Il y en a qui manquent leur vie : un ver venimeux leur ronge le cœur. Qu'ils tâchent au moins de mieux réussir dans leur mort.

Il y en a qui ne prennent jamais de saveur, ils pourrissent déjà en été. C'est la lâcheté qui les retient à leur branche.

Il y en a beaucoup trop qui vivent et trop longtemps ils restent suspendus à leur branche. Qu'une tempête vienne et secoue de l'arbre tout ce qui est pourri et mangé par le ver !

Viennent les prédicateurs de la mort rapide ! Ce seraient eux les vraies tempêtes qui secoueraient l'arbre de la vie ! Mais je n'entends prêcher que la mort lente et la patience avec tout ce qui est "terrestre".

Hélas ! vous prêchez la patience avec ce qui est terrestre ? C'est le terrestre qui a trop de patience avec vous, blasphémateurs !

En vérité, il est mort trop tôt, cet Hébreu qu'honorent les prédicateurs de la mort lente, et pour un grand nombre, depuis, ce fut une fatalité qu'il mourût trop tôt.

Il ne connaissait encore que les larmes et la tristesse de l'Hébreu, ainsi que la haine des bons et des justes, — cet Hébreu Jésus : et voici que le désir de la mort le saisit à l'improviste.

Pourquoi n'est-il pas resté au désert, loin des bons et des justes ! Peut-être aurait-il appris à vivre et à aimer la terre — et aussi le rire !

Croyez-m'en, mes frères ! Il est mort trop tôt ; il aurait lui-même rétracté sa doctrine, s'il avait vécu jusqu'à mon âge ! Il était assez noble pour se rétracter !

Mais il n'était pas encore mûr. L'amour du jeune homme manque de maturité, voilà pourquoi il hait les hommes et la terre. Chez lui l'âme et les ailes de la pensée sont encore liées et pesantes.

Mais il y a de l'enfant dans l'homme plus que dans le jeune homme, et moins de tristesse : l'homme comprend mieux la mort et la vie.

Libre pour la mort et libre dans la mort, divin négateur, s'il n'est plus temps d'affirmer : ainsi il comprend la vie et la mort.

Que votre mort ne soit pas un blasphème sur l'homme et la terre, ô mes amis : telle est la grâce que j'implore du miel de votre âme.

Que dans votre agonie votre esprit et votre vertu jettent encore une dernière lueur, comme la rougeur du couchant enflamme la terre : si non, votre mort vous aura mal réussi.

C'est ainsi que je veux mourir moi-même, afin que vous aimiez davantage la terre à cause de moi, ô mes amis ; et je veux revenir à la terre pour que je retrouve mon repos en celle qui m'a engendré.

En vérité, Zarathoustra avait un but, il a lancé sa balle ; maintenant, ô mes amis, vous héritez de mon but, c'est à vous que je lance la balle dorée.

Plus que toute autre chose, j'aime à vous voir lancer la balle dorée, ô mes amis ! Et c'est pourquoi je demeure encore un peu sur la terre : pardonnez-le-moi !

Ainsi parlait Zarathoustra.

Nietzsche

Par Gregor - Publié dans : coup de coeur - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 12:18

Morale de l'individu à maturité. -

On a jusqu'ici regardé comme le caractère propre de la moralité l'impersonnalité; et l'on a démontré qu'au commencement la considération de l'utilité générale était la cause pourquoi l'on louait et l'on distinguait tous les actes impersonnels. Mais ne faudrait-il pas s'attendre à une transformation importante de ce idées, maintenant que l'on s'aperçoit de mieux en mieux que c'est précisément dans les considération les plus personnelles possibles que l'utilité générale est aussi la plus grande : si bien que justement la conduite la plus strictement personnelle répond à la conception actuelle de la moralité (entendue comme utilité générale) ? Faire de soi une personne complète et, dans tout ce que l'on fait, se proposer son plus grand bien - cela va plus loin de ces misérables émotions et actions au profit d'autrui. A la vérité, nous souffrons tous encore du trop peu de respect de la personnalité en nous, elle est mal éduquée, - il faut nous l'avouer : on a plutôt violemment détourné d'elle notre pensée pour l'offrir en sacrifice à l'Etat, à la Science, à Celui-qui-à-besoin-d'aide, comme si elle était l'élément mauvais qui devait être sacrifié. Aujourd'hui aussi, nous voulons travailler pour nos semblables, mais seulement dans la mesure où nous trouvons dans ce travail notre plus grand avantage propre, ni plus ni moins. Il s'agit seulement de savoir ce qu'on entend par son avantage ; c'est justement l'individu non mûri, non développé, grossier, qui l'entendra de la façon la plus grossière.


Ce qu'il y a d'innocence dans les actions dites mauvaises.

Toutes les "mauvaises" actions sont motivées par l'instinct de la conservation ou, plus exactement encore, par l'aspiration au plaisir et la fuite du déplaisir chez l'individu ; or, étant ainsi motivées, elles ne sont pas mauvaises. "Faire du chagrin en soi", n'existe pas, en dehors du cerveau des philosophes, aussi peu que "faire du plaisir en soi" (la pitié au sens de Schopenhauer). Dans la condition sociale antérieure à l'Etat, nous tuons l'être, singe ou homme, qui veut prendre avant nous un fruit de l'arbre, juste quand nous avons faim et courons vers l'arbre : c'est ce que nous ferions encore de l'animal en voyageant dans des contrées sauvages. - Les mauvaises action qui nous indignent aujourd'hui le plus reposent sur cette erreur, que l'homme qui les commet à notre égard aurait son libre arbitre : que par conséquent il aurait dépendu de son bon plaisir de ne pas nous faire de tort. Cette croyance au bon plaisir éveille la haine, le plaisir de la vengeance, la malice, la perversion entière de l'imagination, au lieu que nous nous fâchons beaucoup moins contre un animal, parce que nous le considérons comme irresponsable. Faire du mal, non par instinct de conservation, mais par représailles - est la conséquence d'un jugement erroné, et par cela même également innocent. L'individu peut, dans les conditions sociales antérieures à l'Etat, traiter d'autres êtres avec dureté et cruauté pour les effrayer : c'est qu'il veut assurer son existence par ces preuves effrayantes de sa puissance. Ainsi agit le violent, le puissant, le fondateur d'Etat primitif qui se soumet les plus faibles. Il en a le droit, comme l'Etat le prend encore aujourd'hui; ou, pour mieux dire, il n'y a point de droit qui puisse l'empêcher. La première condition pour que s'établisse le terrain de toute moralité, c'est qu'un individu plus fort ou un individu collectif, par exemple la société, l'Etat, soumette les individus, par conséquent les tire de leur isolement et les réunisse en un lieu commun. La moralité ne vient qu' après la contrainte, bien plus, elle est elle-même quelque temps encore une contrainte à laquelle on s'attache pour éviter le déplaisir. Plus tard elle devient une coutume, plus tard encore une libre obéissance, enfin presque un instinct : alors elle est, comme tout ce qui est dès longtemps habituel et naturel, liée à du plaisir - et elle prend le nom de vertu.


Le plaisir dans la morale.

Une espèce importante de plaisir, et par là source de la moralité, provient de l'habitude. On fait l'habituel plus aisément, mieux, partant plus volontiers, on en ressent un plaisir, et l'on sait par l'expérience que l'habituel a fait ses preuves, qu'il a donc une utilité; une coutume avec laquelle on peut vivre est démontrée salutaire, profitable, en opposition à toutes les tentatives neuves, non encore éprouvées. La coutume est, par suite, l'union de l'agréable et de l'utile, en outre elle n'exige aucune réflexion. Sitôt que l'homme peut exercer une contrainte, il l'exerce pour conserver et propager ses coutumes, car à ses yeux elles sont la sagesse garantie. De même une communauté d'individus contraint chaque élément isolé à une même coutume. On commet là cette faute de raisonnement : parce qu'on se trouve bien d'une coutume, ou du moins parce que par par son moyen on conserve son existence, cette coutume est nécessaire, car elle passe pour la possibilité unique dont on peut bien se trouver; le bien-être de la vie semble ne provenir que d'elle. Cette conception de l'habituel comme condition de l'existence est poussée jusqu'au plus détails de la coutume : comme l'intelligence de la causalité véritable est très réduite chez es peuples et les civilisations de niveau peu élevé, on aspire avec une crainte superstitieuse à ce que tout aille de même pas que soi; même là où la coutume est pénible, dure, lourde, elle est conservée en vue de son utilité supérieure apparente. On ne sait pas que le même degré de bien-être peut exister avec d'autres coutumes, et que même on peut atteindre des degrés plus élevés. Mais ce dont on se rend bien compte, c'est que toutes les coutumes, fût-ce les plus dures, deviennent avec le temps plus agréables et plus douces, et que le régime le plus sévère peut se tourner en habitude et par là en plaisir.


Du droit du plus faible

Lorsque quelqu'un, par exemple une ville assiégée, se soumet sous condition à un plus puissant, la contre-condition est qu'on peut s'anéantir, incendier la ville, et ainsi causer une grosse perte au puissant. De la sorte, il se produit en ce cas une espèce d'égalité, qui peut servir de fondement à des droits. L'ennemi trouve son avantage à la conservation - En ce sens, il y a aussi des droits entre esclaves et maîtres. Le droit s'étend originairement à la limite où l'un paraît à l'autre précieux, essentiel, imperdable, invincible, et cetera. En ce sens, le plus faible a encore des droits, mais moindres. De là le fameux unusquiesque tantum juris habet, quantum potentia valet (ou plus exactement : quantum potentia valere creditur).


 

Spinoza:  unusquisque tantum juris habet, quantum potentia valet

Par droit naturel j’entends donc les lois mêmes de la nature ou les règles selon lesquelles se font toutes choses, en d’autres termes, la puissance de la nature elle-même ; d’où il résulte que le droit de toute la nature et partant le droit de chaque individu s’étend jusqu’où s’étend sa puissance ; et par conséquent tout ce que chaque homme fait d’après les lois de la nature, il le fait du droit suprême de la nature, et autant il a de puissance, autant il a de droit.



Les trois phases de la moralité jusqu'à nos jours. 

Le premier signe que l'animal est devenu homme est quand ses actes ne se rapportent plus au bien-être momentané, mais à des choses durables, lorsque, par conséquent l'homme recherche l'utilité, l'appropriation à une fin : c'est là la première éclosion du libre gouvernement de la raison. Un degré supérieur est atteint, quand il agit d' après le principe de l'honneur ; grâce à lui, il se discipline, se soumet à des sentiments communs et cela l'élève fort au-dessus de la phase où l'utilité entendue personnellement était son seul guide; il honore et veut être honoré, c'est-à-dire : il conçoit l'utile comme dépendant de son opinion sur autrui, de l'opinion d'autrui sur lui.

Enfin il agit, au degré le plus élevé de la moralité "jusqu'à nos jours", d' après sa propre mesure des choses et des hommes, lui-même décide pour lui et les autres ce qui est honorable, ce qui est utile; il est devenu le législateur des opinions, conformément  à la conception toujours plus développée de l'utile et de l'honorable. La science le rend capable de préférer le plus utile, c'est-à-dire l'utilité générale durable à l'utilité personnelle, la reconnaissance respectueuse d'une valeur générale durable à celle d'un moment; il vit et agit comme un individu collectif.


Irresponsabilité et innocence.

La complète irresponsabilité de l'homme à l'égard de ses actes et de son être est la goutte la plus amère que le chercheur doit avaler, lorsqu'il a été habitué à voir dans la responsabilité et le devoir les lettres noblesses de l'humanité. Toutes ces évaluations, ses désignations, ses penchants sont par là devenus sans valeur et faux; son sentiment le plus profond, celui qu'il portait au martyr, au héros, a pris la valeur d'une erreur; il n'a plus le droit de louer et de blâmer, car il ne rime a rien de louer et de blâmer la nature et la nécessité. De même qu'il aime une belle oeuvre, mais ne la loue pas, parce qu'elle ne peut rien par elle-même; tel il est devant une plante, tel il doit être devant les actions des hommes, devant les sienne propres. Il peut en admirer la force, la beauté, la plénitude, mais il ne lui est pas permis d'y trouver du mérite : le phénomène chimique et la lutte des élément, les tortures du malade qui a soif de guérison sont juste autant des mérites que ces luttes et ces détresses de l'âme où l'on est tiraillé par divers motifs en divers sens, jusque' à ce qu'enfin on se décide pour le plus puissant - comme on dit ( mais en réalité jusqu'à ce que le plus puissant décide de nous). Mais tous ces motifs, quelque grands noms que nous leur donnions, sont sortis des mêmes racines où nous croyons que résident les poisons malfaisants, entre les bonnes et las mauvaises actions, il n'y a pas de différence d'espèce, mais tout au plus de degré. Les bonnes actions sont de mauvaises actions sublimées : les mauvaises actions sont de bonnes actions grossièrement, sottement accomplies. Un seul désir de l'individu, celui de la jouissance de soi-même (uni à la crainte d'en être frustré), se satisfait dans toutes les circonstances, de quelque façon que l'homme puisse, c'est-à-dire doive agir; que ce soit en actes de vanité, de vengeance, de plaisir, d'intérêt, de méchanceté, de perfidie, que ce soit en actes de sacrifice, de pitié, de recherche scientifique.  Les degrés du jugement décident dans quelle direction chacun se laissera entraîner par ce désir; il y a continuellement présente à chaque société, à chaque individu, une hiérarchie des biens d' après laquelle il détermine ses actes et juge ceux d'autrui. Mais cette échelle de mesure se transforme continuellement, beaucoup d'actes s'appellent mauvais et ne sont que bêtes, parce que le niveau de l'intelligence qui s'est décidée pour eux était très bas. Mieux encore, en un certain sens, aujourd'hui encore tous les actes sont bêtes, parce que le niveau le plus élevé de l'intelligence humaine qui peut être atteint actuellement sera sûrement encore dépassé : et alors, en regardant en arrière, toute notre conduite et tous nos jugements paraîtront aussi bornés et irréfléchis que la conduite et les jugements des peuplades sauvages arriérées nous apparaissent aujourd'hui bornés et irréfléchis. Se rendre compte de tout cela peut causer une profonde douleur, mais il y a une consolation : ces douleurs-là sont des douleurs d'enfantement. Le papillon veut briser son enveloppe, il la déchiquette, il la déchire : alors vient l'aveugler et l'enivrer la lumière inconnue, l'empire de la liberté. C'est dans des hommes qui sont capables de cette tristesse - qu'ils seront peu ! - que se fait le premier essai de savoir si l'humanité, de morale qu'elle est, peut devenir sage. Le soleil d'un évangile nouveau jette son premier rayon sur les plus hauts sommets dans les âmes de ces isolés : là les nuages s'accumulent plus épais que pattu ailleurs, et côte à côte règnent la clarté la plus pure et le plus sombre crépuscule. Tout est ,nécessité - ainsi parle la science nouvelle : et cette science est la voie elle-même est nécessaire. Tout est innocence : et la science est la voie qui mène à pénétrer cette innocence. si la volupté, l'égoïsme, la vanité sont nécessaires à la production des phénomènes moraux et de leur floraison la plus haute, le sens de la vérité et de la justice de la connaissance; si l'errer et l'égarement de l'imagination ont été l'unique moyen par lequel l'humanité pouvait s'élever peu à peu à ce degré d'éclairement et d'affranchissement de soi-même - qui oserait être triste d'apercevoir le but où mènent ces chemins ? Tout dans le domaine de la morale est modifié, changeant, incertain, tout est en fluctuation, il est vrai : mais aussi tout est en cours : et vers une seul but. L'habitude héréditaire des erreurs d'appréciations, d'amour, de haine, a beau continuer d'agir en nous, sous l'influence de la science en croissance elle se fera plus faible; une nouvelle habitude, celle de comprendre, de ne pas aimer, de ne pas haïr, de voir de haut, s'implante insensiblement en nous dans le même sol et sera, dans des milliers d'années, peut-être assez puissante pour donner à l'humanité la force de produire l'homme sage, innocent (ayant conscience de son innocence), aussi régulièrement qu'elle produit actuellement l'homme non sage, injuste, ayant conscience de sa faute - c'est à dire l'antécédent nécessaire, non pas l'opposé de celui-là.

Par Gregor - Publié dans : textes de base - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 09:38

 

 

 

Par Gregor - Publié dans : coup de coeur - Communauté : Les Grands Poètes
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 07:14

Les disciples aveugles.

Tant qu'un homme connaît très bien les forces et les faiblesses de sa théorie, de son art, de sa religion, sa force est encore petite. Le disciple et l'apôtre qui n'a point d'yeux pour les faiblesses de sa théorie, de la religion etc… aveuglé par la vue de son maître et sa pitié envers lui, a donc ordinairement plus de puissance que le maître. Sans les disciples aveugles, jamais encore l'influence d'un homme et de son oeuvre n'est devenue grande. Aider au triomphe d'une idée n'a souvent d'autre sens que: l'associer si fraternellement à la sottise que le poids de celle-ci l'emporte et l'entraîne dans sa victoire.


De l'avantage d'avoir de la religion.

Il y'a des gens honnêtes et bons commerçants, que la religion galonne comme d'un liséré d'humanité supérieure : ceux-là font très bien d'être religieux, cela les embellit. - Tous les hommes qui ne s'entendent pas à quelque métier des armes - la parole et la plume étant comprises parmi les armes - sont serviles : pour de telles gens, la religion chrétienne est fort utile, car la servilité prend alors l'aspect de vertus chrétiennes et en est étonnamment embellie. - Des  gens à qui leur vie journalière apparaît trop vide et monotone deviennent facilement religieux ; cela est compréhensible et pardonnable, sauf qu'ils n'ont aucun droit à réclamer de la religiosité de ceux pour qui la vie journalière ne coule pas vide et monotone.


Au bord de la cascade.

En contemplant une chute d'eau, nous croyons voir dans les innombrables ondulations, serpentements, brisements des vagues, liberté de la volonté et caprice; mais tout est nécessité, chaque mouvement peut se calculer mathématiquement. Il en est de même pour les actions humaines; on devrait pouvoir calculer d'avance chaque action, si l'on était omniscient, et de même chaque progrès de la connaissance, chaque erreur, chaque méchanceté. L'homme agissant lui-même est, il est vrai, dans l'illusion du libre arbitre; si à un instant la roue du monde s'arrêtait et qu'il y eût là une intelligence calculatrice omnisciente pour mettre à profit cette pause, elle pourrait continuer à calculer l'avenir de chaque être jusqu'aux temps les plus éloignés et marquer chaque trace où cette roue passera désormais. L'illusion sur soi-même de l'homme agissant, la conviction de son libre arbitre, appartient également à ce mécanisme, qui est objet de calcul.


Limite de la philanthropie.

Tout homme qui a décidé que l'autre est un imbécile, un sale individu, se fâche quand l'autre montre enfin qu'il ne l'est pas.

Par Gregor - Publié dans : coup de coeur - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /Juil /2010 19:16

Extraits:

"J'étais jeune,affamé,ivrogne, essayant d'être un écrivain. J'ai passé le plus clair de mon temps à lire Downtown à la Bibliothèque municipale de Los Angeles et rien de ce que je lisais n'avait de rapport avec moi ou avec les rues ou les gens autour de moi. C'était comme si tout le monde jouait aux charades et que ceux qui n'avaient rien à dire étaient reconnus comme de grands écrivains. Leurs écrits étaient un mélange de subtilité, d'adresse et de convenance, qui étaient lus, enseignés, digérés et transmis.C'était une machination, une habile et prudente "culture mondiale". Il fallait retourner aux écrivains russes d'avant la Révolution pour trouver un peu de hasard, un peu de passion.(...)Je tirais livre après livre des étagères. Pourquoi est-ce que personne ne disait rien? Pourquoi est-ce que personne ne criait? J'essayais d'autres salles de la Bibliothèque. La section "religion" n'était qu'un vaste marécage pour moi. Au rayon "philosophie" je trouvai un ou deux Allemands amers qui me remontèrent le moral et ce fut terminé. J'essayai les mathématiques, mais les mathématiques supérieures étaient comme la religion : cela me passait à côté. Ce dont j'avais besoin n'était nulle part. J'essayai la géologie, domaine que je trouvai curieux, mais finalement pas nourrissant. J'ai trouvé des livres de chirurgie, j'aimais les livres de chirurgie, les mots étaient nouveaux et les illustrations merveilleuses. J'ai particulièrement aimé et je me souviens des opérations du mésocôlon. Je laissai tomber la chirurgie et retournai vers la grande salle avec les romanciers et les écrivains de nouvelles.(...) Un jour j'ai sorti un livre, je l'ai ouvert et c'était ça. Je restai planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l'or à la décharge publique. J'ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant. Chaque ligne avait sa propre énergie et était suivie d'une semblable et la vraie substance de chaque ligne donnait sa forme à la page, une sensation de quelque chose de sculpté dans le texte. Voilà enfin un homme qui n'avait pas peur de l'émotion. L'humour et la douleur mélangés avec une superbe simplicité. Le début du livre était un gigantesque miracle pour moi. J'avais une carte de la Bibliothèque. Je sortis le livre et l'emportai dans ma chambre. Je me couchai sur le lit et le lus. Et je compris bien avant de le terminer qu'il y avait là un homme qui avait changé l'écriture.
Le livre était 
Demande à la poussière et l'auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m'influencer dans mon travail."

Par Gregor - Publié dans : coup de coeur - Communauté : Les Grands Poètes
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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /Juil /2010 07:45

Il est beaucoup plus facile de reconnaître l’erreur que de trouver la vérité. La première est à la surface, et chacun peut aisément la saisir ; la seconde est à une profondeur où il n’est pas donné à tout le monde de pénétrer. 

Plus j’avance dans la vie, plus j’ai de chagrin de voir l’homme, qui est destiné à être le roi de la nature et à s’affranchir lui et les siens de la puissante nécessité, devenu l’esclave de quelque préjugé absurde, faire précisément le contraire de ce qu’il veut, et, parce qu’il n’a pas su coordonner l’ensemble de sa vie, s’égarer misérablement dans les détails. 

Il est difficile d’apprécier une erreur complète, une moitié et un quart d’erreur, d’en démêler le vrai, et de le mettre à la place qui lui convient. 

L’homme le plus médiocre peut être complet s’il sait se tenir dans les bornes de sa capacité et de son talent. Mais les plus brillantes qualités de la nature sont obscurcies, effacées et anéanties, si cette juste mesure, nécessaire en tout, vient à manquer. Ce mal se fait souvent sentir dans les temps où nous sommes ; car qui pourrait satisfaire aux exigences toujours croissantes d’une époque qui veut que tout se réalise avec la plus grande rapidité ?

Tous les plus sages de tous les temps, sourient et hochent la tête et sont d'accord pour dire : folie, de s'entêter à l'amélioration des fous ! Enfants de la sagesse, ô tenez les sots,  juste pour des sots, ainsi qu'il convient !

Par Gregor - Publié dans : textes de base - Communauté : Les Grands Poètes
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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /Juil /2010 18:57

Comme je cherchais des trucs "intelligents à dire - afin de pouvoir donner quelques mets à mes lecteurs, et je dois dire que je ne suis pas peu fier d'avoir tous les jours des visites sur mon blog !!! Incroyable ! En plus, j'ai vraiment l'impression d'avoir évolué, et toutes les nouvelles choses que j'ai à dire, m'embarrassent, j'ai peur de les mettre sur du papier, de les figer, de les gâcher.  Alors j'ai trouvé une solution, qui va me permettre d'aller juste après prendre une douche bien méritée, et de prolonger, pourquoi pas ? Ma journée si bien remplie. Cette solution c'est de publier une réponse à un commentaire, venu de Monsieur qu'importe, et qui me semble plutôt "intelligente".


"Bonjour, hier et avant hier j'ai pas mal avancé ma lecture d'humain trop humain, et j'ai achevé toute une partie qui évoque "l'innocence de la méchanceté". Car celle-ci a toujours en vu de protéger des intérêts, quelle soit institutionnelle, ou individuelle, que l'on choisisse d'agir d'une manière à passer pour bon ou mauvais auprès de nos semblables, cela dépend de notre niveau d'intelligence, de conscience des autres, et de de ce que l'on souhaite mettre en place (du but de notre manoeuvre). Le texte final de cette partie évoque les hommes sages comme une évolution et non une opposition aux homme moraux de notre époque - qui appartiennent déjà au passé, au vu de l'évolution inévitable des idées.

J'aime l'idée d'évolution qui prend le pas sans s'opposer, c'est une grande victoire pour la paix intérieure de ne plus s'opposer systématiquement à ce qui nous semble inabouti, car le jugement dépend du niveau d'intelligence, d'évolution de notre pensé, or nous avons trop conscience -ne serai ce qu'en relisant mes textes; de l'évolution et parfois de la régression de notre niveau de "jugement", sur le monde ! Il y'a toujours en moi, en nous, d'anciennes racines qui parlent à tord et à travers.

Or, avec le temps, et si justement on évite de sombrer dans une opposition systématique de nos instincts (grégaires), si l'on évite de mettre à profit la culpabilité par exemple au dépend de la créativité, puis l'inverse, puis la honte, puis l'amour, puis le plaisir, et que l'on évite d'accorder à ces instincts une "valeur en soi", un aboutissement quelconque. Alors petit à petit notre intelligence, et notre sagesse peuvent prendre essor et dépasser (non pas détruire), ces luttes internes qui n'ont pas de sens en elles-même.

Ce qui pour nous revêt l'apparence de "sens", est une évolution continuelle de notre savoir, de notre évaluation, de notre attitude à l'égard du monde, des gens, des idées; nous n'avons jamais rien qui se fige en nous; il arrive par exemple assez souvent qu'une chose qui nous paraissait mauvaise et inutile, devienne tout à coup extrêmement utile et bonne, d'un autre point de vu. cela arrive tous les jours dans les deux sens, au point qu'on prend conscience des nuances à adopter, et surtout combien les valeurs sont dépendantes du niveau d'intelligence et de conscience de la personne, et nous avons beaucoup à gagner à faire évoluer cela... A cause de cela, il est encore bon d'être mauvais, et mauvais d'être bon…."

 

J'ajouterai que mon immaturité m'a poussée a vouloir tout de suite comprendre la totalité des phénomènes, or dans mon plus jeune âge, je me suis bien souvent découragé, j'avais l'impression que la vie était bien trop compliquée, qu'il fallait renoncer à comprendre. C'est une erreur, et il est inévitable de ne pas cesser d'essayer de comprendre. Cependant, la trop grande estime, et la trop grande volonté de faire le bien, en toutes circonstance - où pour être plus précis quand l'envie nous en prend. Cette chimère constitue une des causes principales de notre découragement périodique. Et il est bien des moments où l'on oubli notre précieuse volonté de comprendre, afin de prendre du plaisir à vivre. C'est encore une erreur de jeunesse, mais la vérité sur ce que nous sommes est encore bien plus subtile, et nous apprenons à notre insu bien des choses, quand nous devenons conscient de notre évolution dans notre "rapport à la vie", nous nous apercevons que nous utilisons déjà partiellement et instinctivement, certaines de nos découvertes.

L'avantage de le comprendre, est de pouvoir choisir, et d'éliminer ce qui en nous nous est inutile.

Evidement tout cela est vraiment très complexe, et notre immaturité jouait contre nous, elle nous montrait une image parfaite de nous même, une "idole inconnue" - comme le sont toutes les idoles ! Et notre jeunesse nous agressait avec notre "réalité", bien mieux connue, mais encore trop mal comprise.

La question qui me reste en bouche : Où est la part d'immaturité qui parle en moi, comment la vaincre, sans perdre espoir, comment de pas être victime de sa propre volonté ?


Par Gregor - Publié dans : coup de coeur - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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