Saisons

Publié le par Gregor

Le vieil arbre.

Regarde, toi qui aurait tant aimé, toi qui l’aurait tant aimé, poser ses quelques feuilles,
Et d’une clarté fiévreuse, presque belliqueuse,
L’aurore frapper ses mains, dont le cœur se souvient,
Quel cœur peut oublier, le temps qui fait jaunir,
Les miroirs postiches de la couronne de nos âmes.

Le voilà nu, plus nu que moi, qui ne suis déjà pas bien vêtu.
Le voilà nu, lui qui hier encore me narguait de ses couleurs,
Regardes-le comme un bois mort,
Qui attend la neige, ce manteau blanc,
Car il est des froids plus fort que l’hiver,
C’est le regard des gens,
Qui méprisent les bouts de bois crevés,
Qui craquent sous la brise.

Regardes, toi qui aurait tant aimé, toi qui l’aurai tant aimé,
Poser ses quelques feuilles,
Pour adoucir tes pas,
Dans le jardin d’automne.

Regardes, toi qui aurait tant aimé, toi qui l’aurait tant aimé,
Brûler ses dernières feuilles, qui s’élèvent dans la cheminée,
Ce corps qui nous réchauffe, encore un peu le cœur.

Publié dans Poesies

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