Rubayat, Omar Khayam

Publié le par Gregor

L'astronome qui ne croyait pas au ciel. 

 

Toi, venu du monde du ciel et du souffle,

Abasourdi parmi 4 et 5, 6 et 7,

Bois du vin ! tu ne sais pas d'où tu es venu !

Fais la fête ! Sais-tu, vers où t'en iras-tu ?

 

Le temps sans serveuse et sans vin, c'est rien !

Sans les mélodies de la flûte, c'est rien !

Plus je regarde les choses d'ici ....

Sauf les filles et le vin, tout est rien !

 

Khayam, si tu as du vin, trouve-toi bien !

Prés d'une jolie à joues de tulipe, si tu es assis, trouve-toi bien !

Puisque la fin des affaires du monde, c'est rien,

dis rien à ce rien ! puisque tu vis, trouve-toi bien !

 

Un nuage est venu; de nouveau sur l'herbe ont plu des pleurs;

Sans vin vermeil il ne faudra pas vivre;

Cette herbe qui ce jour est notre perspective

Sera sur notre tombe la perspective de qui?

 

Tant et tant j'en aurai bu, du vin! que ce parfum de vin

Sortira de la terre quand je serai sous la terre,

Qu'en passant sur ma tombe l'ivrogne à jeun,

Tombera frappé de mort par le parfum de mon vin !

 

Bien que l'argent ne soit rien pour l'intelligent,

Le jardin du monde est un enfer pour l'homme sans argent;

La violette est tête basse, est sans éclat, car pas d'argent!

 Cousue d'or, la rose rit vigoureusement.

 

Longtemps j'ai regardé les ateliers de potiers;

Je n'y voyais pas de tuliperaie;

Un soir j'y vis un pot de vin modelé comme une jolie

Et depuis, dans les ateliers de potiers, je ne vois que la tuliperaie.

 

On ne compare pas assez les jolies aux tulipes !

Une belle qui se fait jolie, c'est une tulipe !

Quand j'ai bu un peu de vin, j'aime la rose;

Quand j'ai bu tout le vin j'aime la tulipe.

 

Le vin diminue l'orgueil de la tête;

Le vin détruit les noeuds têtus;

Le démon, s'il avait bu rien qu'un verre,

Se serait devant l'homme deux mille fois jeté à terre.

 

Le bijou de mon individualisme, contre aucun argent je ne le donnerai;

Mes souffrances individuelles, contre aucun baume je ne les donnerai;

La poussiére sous ta porte, ô ma jolie, contre l'empire de Djan je ne la donnerai.

Un seul de tes cheveux, contre la terre, contre la mer, je ne le donnerai.

 

 

 

Publié dans litérature

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