bonheur et souffrance

Publié le par Gregor

Le bonheur de certains en étoufferai d'autres, qui l'ayant choisi ou non, on fait de leur malheur, de leur tristesse, de l'impossibilité de leurs rêves, de leur éternelle mélancolie, la roue de leur vie. Ils portent l'injustice des autres comme une condition de leur existance, ils se regardent avec cruauté, et s'éjouissent de cette déchirure. Leur grand amour est au delà de la compassion, et quand ils voient la misére ils ferment les yeux, comment pouraient-ils compatir ? La compassion, cette comédie qui croit que parce qu'elle se représente une souffrance, elle l'éprouve, mais qui connait le vraix déchirement, sait qu'il ne peut le feindre. Et il regarde avec une juste méfiance ces compatissants, qui viennent le plaindre avec cette arriére pensé, "le pauvre, et si ca m'arrivait, si j'étais à sa place", et de se dire qu'ils ont finalement de la chance, et c'est ce plaisir qui les anime, ils ne respectent pas la souffrance de l'autre, ils n'éprouvent aucune pudeur. Alors nous laissons les autres éprouver leur souffrance et leur amour, nous nous la souhaitons la plus grande possible, car ainsi nous apprenons à aimer davantage la vie, à mesurer toute sa hauteur, et toute sa profondeur. Et si nous souhaitions le bonheur, sans doute renoncerions nous à aimer, comme ces bouddhistes. Et souvent par bonheur nous avons vu l'âme d'un tyran qui s'éjouissait de dominer un autre être. Et souvent par bonheur nous avons vu la fin de toute idée supérieure, comme une fin en soi, et il nous a fallu nous détourner de ces causes perdues, car note volonté nous poussait au delà, dans notre solitude, pour ne point dormir, et ne point se laisser endormir. Le plaisir depuis les jeux Romain (au moins...), est un bon moyen d'endormir le peuple, et de nos jours il est tant de ces passions ludiques qui nous gonflent et nous rendent plus vide. Nous ne pouvons nous nourrir tous des mêmes aliments, sans doute ce qui fait le bonheur de certains serait un poison pour d'autres.

Publié dans coup de coeur

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