38. Utile, en quelle mesure ?

Publié le par Gregor

 - Ainsi : l'observation psychologique apporte-t-elle aux hommes plus de profit ou plus de dommage, la question doit toujours resté sans réponse ; mais il est assuré qu'elle est nécessaire, parce que la science ne peut peu plus s'en passer. Or la science ne connaît pas les considérations de fins dernières, pas plus que ne les connaît la nature : mais, tout comme celle-ci réalise par accident les choses de la plus haute opportunité sans les avoir voulues, la véritable science aussi, étant l'imitation de la nature en idées, fera progresser accidentellement de façons diverses l'utilité et le bien-être des hommes, et trouvera les moyens opportuns, mais également sans l'avoir voulu.

Pour celui qui, au souffle d'une telle sorte de considération, se sent trop d'hiver au coeur, c'est que peut-être il a en soi trop peu de feu : il n'a qu'à regarder autour de lui pourtant, il remarquera des maladies où des enveloppements de glace sont nécessaires, et des hommes qui sont tellement " pétris " d'ardeur et de feu, qu'à peine trouvent-ils un lieu où l'air soit pour eux assez froid et piquant. En putre : comme des individus et des peuples trop sérieux ont un besoin de frivolités, comme d'autres, trop mobiles et excitables, ont de temps en temps besoin pour leur santé de lourds fardeaux qui les dépriment, faut-il que nous, les plus intelligents de cette époque qui visiblement entre de plus en plus en combustion, nous ne cherchions pas à saisir tous les moyens d'extinction et de rafraîchissement qui existent, afin de conserver au moins l'assiette, la paix, la mesure que nous avons encore, et d'être enfin peiut-être bons à servir cette époque, en lui donnant un mirroir, une conscience d'elle-même ?.....

 

 Humain trop humain.

 Nietzsche.

Publié dans textes de base

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