Bukowski, women

Publié le par Gregor

"Quelque chose clochait chez moi : je pensais énormément au sexe. Je m'imaginais au lit avec chaque femme que je voyais. C'était une façon agréable de passer le temps (...). Les femmes : j'aimais les couleurs de leurs vêtements ; leur démarche ; la cruauté de certains visages ; de temps en temps, la beauté presque parfaite d'un autre visage, totalement et superbement féminin. Elles possèdaient un avantage sur nous : elles planifiaient beaucoup mieux leur vie, elles étaient mieux organisées. Pendant que les hommes regardaient les matches de football ou buvaient une bière ou jouaient au bowling, elles, les femmes, pensaient à nous, se concentraient, étudiaient le problème, décidaient – de nous accepter, de nous rejeter, de nous échanger, de nous tuer ou, plus simplement, de nous quitter. En fin de compte quel que soit leur choix, nous finissions dans la solitude et la folie."


"En beaucoup de domaines, j'étais un sentimental : des chaussures de femme sous le lit ; une épingle à cheveux abandonnée sur la commode ; leur façon de dire : "Je vais faire pipi… " les rubans qu'elles mettent dans leurs cheveux ; descendre le boulevard avec elles, à une heure et demi de l'après-midi de l'après-midi, deux personnes marchant ensemble, simplement ; les longues nuits de beuverie, de tabagie, de discussions ; les scènes ; penser au suicide ; partager un repas en se sentant bien ; les plaisanteries, les rires absurdes ; sentir les miracles dans l'air ; ensemble dans une voiture en stationnement ; comparer les amours d'antan à trois heures du matin ; s'entendre dire qu'on ronfle, écouter ronfler ; les mères, les filles, les fils, les chats, les chiens ; parfois la mort , parfois le divorce, mais toujours continuer, s'accrocher ; lire seul le journal dans une buvette et sentir une nausée te retourner l'estomac parce que maintenant elle est mariée avec un dentiste ayant un QI de 95 ; les courses de chevaux, les parcs, les pique-niques dans les parcs ; même la prison ; ton goût pour la gnôle, son goût pour la danse, tes baises en douce, et elle qui fait pareil ; dormir ensemble…"

Publié dans Poesies

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