Contre l'indulgence

Publié le par Gregor

Avez vous jamais vu, dans le regard froid, vitreux, indifférent de vos chers semblables, une espèce de muraille infranchissable, le mépris et la volupté que leur accorde cette supériorité ?
Et pourtant vous vous efforcez, Dieu sait pourquoi ? De rester juste, vous vous le devez a vous même, et non pas à je ne sais quel Dieu, qu'invoquent je ne sais qui, à propos de je ne sais quoi ?
Mais au comble de votre "bonté", de votre naïveté, quand l'ennemi semble vaincu, vous avez pitié de sa sottise, de son ignorance, et vous vous abaissez pour ne plus l'effrayer… Vous culpabilisez, et vous regrettez vos mots, vos gestes, votre emportement !!!
Mais que chacun de mes pas en témoignent, je suis un enragé !! Je n'épargne personne, et je ne pardonne jamais rien !
Si souvent je me tais, et que je feins par là d'oublier, si je m'écrase, toutes les vérités restent en moi si pesantes, quelles en deviennent à nouveaux venimeuses, alors tant pis si elles heurtent certaines personne, et que chaque choses qui puissent se briser sur elles se brise.
Je me répète, la pensé, les idées, les valeurs, ne sont pas des oeuvres de charité, la souffrance qu'elles causent à celui qui entreprend de se hisser au dessus de lui même en est d'ailleurs la marque.
Sans en avoir conscience, les gens savent très bien tout ça, du moins, ils agissent avec la même violence, la même surdité aux gémissements des autres, mais sont ils aussi dur envers eux même ?
Vous vous efforcez de rester juste, même avec ceux qui ne le sont pas envers vous, c'est la votre unique générosité, sinon vous jouez contre vous même, en croyant défendre une naïveté.
Quand même, n'est ce pas décourageant de se faire ridiculiser par ceux qui l'instant d'avant vous imploraient de les laisser tranquille, de retenir vos paroles ? 
Cela doit nous servir le coup d'après, à rester inflexible, à ne pas aller contre notre volonté, à croire en ce que l'on sait, à connaitre ce qu'on ignore, bref, conserver le maximum de notre lucidité !
Car avec l'esprit coupable -qui sait qu'il n'est pourtant pas tout à fait dans l'erreur- on freine notre intelligence, car en même temps qu'elle continue de lutter contre la fausse pensée qu'on nous reproche, elle s'efforce de convaincre sa propre bêtise, qui à peur de défier et de ne plus plaire à son auditoire. 
En vérité c'est trop souvent pour plaire qu'on se tait, trop souvent pour plaire qu'on pose un masque conciliant et faussement généreux, et qu'on se prive en fait des seules personnes qui auraient méritées de nous plaire, à nous !
Et c'est encore une naïveté, car personne n'aime les visages coupables, or "qui s'excuse, s'accuse ! " Disait Stendhal. 
De quoi mérite t'on de s'excuser ? D'être jaloux ? De vouloir plus ? De vouloir mieux ? De défier l'impossible ? De réaliser nos rêves ? D'accomplir notre ultime espérance ? 
Ne cherchez plus, vous devez avoir compris, ce dont on s'excuse, c'est de dépasser ou de vouloir dépasser les autres, de voler au dessus du troupeau, or c'est la faute suprême pour tous les gens qui courbent la tête, et ils se serrent bien au chaud pour couver leur vanité, leur vision superflue, et ils attaquent en groupe, en rang, sans arguments mais très fier de pouvoir faire régner leur puissance. Quel manque de fierté, de devoir partager ! On ne se doit qu'à soi, sinon on accompli la volonté d'un autre !
"On commande toujours à celui qui ne sait pas se commander lui même ", Voila une phrase que j'ai mis un temps considérable à comprendre. 

Publié dans critiques modernes

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