Défi N°32

Publié le par Gregor

 

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La belle et la bête


Ô long fantôme pale, je marche entouré de pétales,
Les reflets de mes rêves, sont ton air que j’inhale,
Et si mes larmes coulent le long de mes joues,
C’est que tu me délivres, mais que je reste enjoue,

Piégé, tu sais qu’ils m’ont enfermé, qui ?
Peut être un autre moi-même, aussi,
Et puis j’implore que tu m’évade d’ici,
Mon cœur, mon amour, ma nostalgie,

Cette musique infinie, au roulement des nuages,
Où tant de gens ont dit, tant pis je reste ici,
Cette mémoire enfouie, de miracles et d’images,
Où tant de gens ont dit, Ca y’est enfin j’y suis,

Pour qui hélas, combien de temps hélas,
Faudra t’il qu’on s’agenouille pour ne pas perdre sa place,
Faudra t’il qu’on se vende, aux marchands d’horreur,
Par peur, par crainte de perdre, de ne pas être des leursl,

Ce que j’avais de plus précieux, je l’ai donné,
En pâture au monstre froid des damnés,
Pour ne pas perdre j’ai tout abandonné,
Personne n’est venu me chercher,

Longtemps j’ai parlé aux oiseaux,
De cette fille que j’avais aimée,
Rien n’était tendre comme l’eau,
Du petit ruisseau que je suivais,

Alors, je croyais que les fées,
C’étaient penchées sur mon berceau,
Et qu’il viendrait, le joli mois d’aimer,
Dans un sourire aimable, qui me rendrait beau,

Et si tu es venu, n’est ce pas un peu pour cela ?
Quel est donc ce livre que tu as ouvert en moi ?
Piégée dans un bocal de cristal,
Tombent, tombent les pétales…

Publié dans coup de coeur

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Gregor 01/07/2010 09:01


Merci, d'autant que nous avons eu avec ma mère une longue discussion, sur la mélancolie, la nostalgie... Elle m'expliquait que certaines personnes estimaient que ce genre de sentiments étaient
mauvais, obscurs. Qu'ils voyaient tout retour su soi, comme quelque chose de déprimant. Alors que nous autres, avons besoin de notre mélancolie, nostalgie, retour sur ce qu'on est, sur ce que l'on
a aimé, afin de retrouver notre tendresse. Pour ce genre de choses, j'ai comment dire, un manque cruel d'expérience du sentiment des gens qui évitent cette forme de poésie de la vie.
Du coup je commets des erreurs, en croyant bien faire, j'évoque à des personnes des sentiments qu'ils ignorent, et essayent de fuir, et ils se font des soucis pour moi, cela leur semble un état
"maladif".
Ma mère m'a dit une phrase très juste, quand nous sommes mélancolique, nous avons une tendresse, que l'on aime notre entourage, nous sommes faible, on cherche à donner de nous même, on cherche à
faire comprendre, à quel point ceux que l'on aime compte pour nous, à quel point dans notre mélancolie, on prend soin d'eux, et comme tout cela embelli le quotidien. A ces moments particuliers,
elle opposait l'autre penchant de son caractère qui donne une impulsion, à d'autres moments on n'en peut plus de devoir supporter son entourage, il nous énerve, nous irrite, et dans ces moments on
bouscule et on essai de faire bouger les choses, ce sont des moments où l'on se sent fort, et où on risque notre amour pour les autres, en se disant, qu'importe qu'ils soient d'accord, cette
situation n'est plus acceptable, si ils sont pas content c'est pareil, ou je me casse, ou d'ailleurs ils dégagent ! Allez ouste !
Evidement c'est deux états, qui font comme des cycles en nous, sont tous les deux trop radicaux, je crois que l'esprit est ainsi, la nature également, des cycles, des saisons, bref à quoi bon
lutter pour essayer d'éprouver des sentiments constants ?


Tricotine 01/07/2010 00:40


c'est un très poignant poème Grégor que tu nous livres !! merci de participer si intensément en croquant de forts jolis mots ! bravo !


Gregor 28/06/2010 14:08


Non je ne connais pas l'oulipo, mais Nietzsche a déjà beaucoup dit sur ce sujet, a vrai dire, il a écumé pas mal de sujets, et c'est une excellente nouvelle qu'il y'ai certaines de ces idées qui se
développent enfin...

je le cite :

La plus part des des penseurs et des savants l'ignorent, faute d'en avoir aucune expérience, et si on leur en parlait elle leur paraîtrait invraisemblable. Ils se représentent toute nécessité comme
une contrainte, une pénible obéissance et une coercition ( def: action de contraindre); la pensée même est à leurs yeux quelque chose de lent, d'hésitant, presque un labeur, assez souvent " digne
de la sueur des nobles savants ", mais nullement quelque chose de léger, de divin, de très proche parent de la danse et de la folle gaité.
Les artistes ont peut être ici un flair plus délicat : ils savent trop bien que c'est précisément lorsque la nécessité, et non plus l'arbitraire, conduit leur oeuvre, que leur sentiment de liberté,
de subtilité, de toute puissance, de création, de maitrise, qui fait d'eux des démiurges (def: nom donné à Platon au créateur de l'univers), atteint son apogée; alors, pour eux, la nécessité et la
"liberté de la volonté" ne font qu'un !!

J'irai voir ce l'oulipo... merci


Nounedeb 28/06/2010 12:49


Cher Grégor, il me semble que tu fais le forcing. Tu es capable de te plier au sujet proposé et d'en faire jaillir un poème. Tu connais l"oulipo"? Ou la contrainte comme possibilité de liberté.