Le joueur

Publié le par Gregor

Le diable gagne aux cartes,

Mais l’amoureux lui perd au jeu,

L’enjeu de son propre langage,

Et peu à peu s’en écarte


Puis bon grès, mal grès,

Ou de lentes simagrées,

Il se lie aux longues désespérances,

Et vide sa triste incandescence,


Dans une amère éprouvette,

Éprouve le chant des sirènes,

Dans son bocal aigre sa tête,

Ressemble aux songes des baleines,


Échoué sur un récif,

Il épie l’âme lascive,

Cette beauté tel un canif,

Qui l’invitera à le suivre,


Le diable gagne aux cartes,

Mais l’amoureux lui s’en écarte,

Il joue la vie dans une aiguille,

Qu’il plante dans le cœur des filles,


Épinglées sur les murs opaques,

Leurs portraits longtemps s’éternisent,

Le silence de leurs voix qui claquent,

L’amère beauté qu’elles dessinent. 

Publié dans Poesies

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