Le matin

Publié le par Gregor

Le matin ça me donne envie de travailler, souvenirs de collège ? Je n’en sais rien, mais mon cerveau se délecte de lire, et de penser avec une plus grande rigueur que d’habitude. Peut être parce qu’il n’a pas totalement utilisé son énergie à fabriquer des rêves érotiques, ou des rêves d’aventure dans des pays lointains, ou j’aurai du courage, ou j’aurai quelque chose à faire. 
Je ne sais pas si la radio branchée sur France inter, m’a redonné l’envie de faire des phrases cohérentes, et je ne suis pas bien sur non plus que ce que j’écris ait une quelconque cohérence. Pourtant tous ces journalistes qui répètent depuis que je suis né (au moins), les mêmes choses, les mêmes anecdotes, avec la même intonation de voix, qui à en croire mes amis, justifie à elle seule tous ces récits incroyables. Tous ces journalistes souffrent ils autant que moi, de ne plus arriver à aligner deux phrases d’affilées, sans savoir si elles devaient effectivement se suivre, ou si je suis un tyran qui véhicule ses pensés en se servant du réel comme d’une pâte à modeler. Je ne pourrai jamais prouver quoi que ce soit, et c’est bien dommage, mais tout le monde souffre d’une maladie mentale qui consiste à aligner des faits sur une idée préexistante, dans le seul but de rendre la vie calculable, et un peu plus rassurante. 
C’est ce qui me fait flipper, quand on essaie de voir sur quoi repose la ferveur des gens, on se rend vite compte que tout appartient à un domaine pour le moins spéculatif. 
Mais je ne pourrai jamais le prouver, je manque de rigueur, je n’aime pas la rigueur, je préfère dire des conneries, qui ont finalement autant de sens, que cette rigueur abrutissante qui ne mène nulle part.
Certains me diront que la bêtise ne mène pas loin non plus, et ils pourront prendre ma vie en exemple, et cela en réalité fera un beau raisonnement bien construit, à montrer dans les écoles.
De toute manière on est déjà baisé, et comme de toute manière les gens avalent n’importe quelle couleuvre pourvu qu'elle leur soit présentée avec un beau raisonnement, une belle histoire pour gosses, une connerie maquillée d’impératifs catégoriques, avec quelques tronches de premier de la classe, qui après avoir étudié 20 ans sur les probabilités de voir une moule s’accoupler avec un escargot, vont nous expliquer qu’il est inévitable d’aller se bouffer les moignons, pendant que eux finissent d’avaler leur putain de tableaux statistique. Et vous me direz que le pire c’est que ça marche. 
Alors la prochaine fois, je resterai couché dans mon lit, à fabriquer un monde meilleur, sans une seule once de vérité, car quand j’entends vérité je me demande vérité pour qui ? J’éteins mon réveil, et referme la couverture.

Publié dans critiques modernes

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