Point d'équilibre

Publié le par Gregor

Il est probablement une fatalité, qui précipite les hommes à un point de rupture d'eux mêmes, quelque chose s'empare de leur raison, le doute, l'incertitude, la sensation terrible de n'avoir qu'une seule vie, et d'avoir peut être fait des mauvais choix… La culpabilité, le mépris de soi même… Pour celui qui connait et à déjà put méditer les causes et les effets de ce genre de sentiment, la frayeur semble plus anodine, une sorte de roue, de nécessité de l'esprit qui veut se renouveler, et pourtant…. On ne peut éviter le processus, peut être l'accélérer ? Qui comprend ce que je veux dire, sait les dangers et les incompréhensions que cela peut susciter chez ceux qui n'ont pas une conscience aussi aiguisée. Il est difficile de tricher, on ne peut arracher une part de soi, aussi belle et légendaire soit elle, sans réaliser effectivement tout ce qui se doit abandonner. Ainsi les mouvements, les rires, les gestes les plus anodins trahissent encore une petite affliction, un lien intime avec notre faiblesse et notre folie, or la raison veut dompter l'allégresse, le génie, l'inconstance.

Il est insupportable de ne pouvoir dominer sa propre pensée, il est insupportable d'être un pantin, surtout quand ses propres fils le poussent à se cogner violemment la tête contre les murs.

Si notre insouciance nous poussait seulement à aimer les filles, et à trouver les mots improbables qui provoquent le rire, peut être serions nous moins nombreux à poursuivre notre esprit jusqu'à ses dernières lueurs, dans les caveaux pourris, les cauchemars et le danger !

Ô Comme les poètes sont sages, de se choisir l'enfer et la malédiction, de choyer leurs afflictions, quand tant d'âmes simples préfèrent oublier, préfèrent jouer les innocents, et renient en cela toute la beauté du monde.

En cela la grandeur n'est jamais trop éloignée du vide, et la facilité, la sainte simplicité, laissent un souffle pourris dans l'éclosion des roses, où l'amoureux jamais ne s'étonne quelles se parent des plus subtils parfums, mais quoi ? N'a t'il jamais gouté l'eaux des égouts, celui là qui se bouche encore le nez ?

Mais force est de croire que l'éternité nous appartient, tous les songes, les plus vaines pensées, la moindre idée ! Les mots nous appartiennent….

Cela parait prétentieux ce nous ! Mais comme il faut parfois ce délier et s'extraire de l'âme des êtres qui nous sont cher ! De notre propre âme !

Et c'est ce nous que l'on risque par cette même incrédulité, la sagesse, l'éternité d'une pensée, la magie d'une sensation, tout cela en vérité est bien effrayant, mais plutôt mourir que d'y renoncer, ainsi parle le brave, et c'est ainsi qu'il se métamorphose, et attire vers lui dans l'obscurité de son secret, les plus proches rayons du soleil.

Nous savons bien au fond de nous même, que rien ne filtre à travers le prisme de nos plus glorieuses actions, un peu méchant sans doute avec les gens trop fier, peut être encore rattachés à ce à quoi ils n'ont pas sut renoncer… 

Et quand nous critiquons, ce qui nous apparait ridicule est encore une image trop mal cachée de notre propre vanité, car si nous abandonnons ce qui a tant de valeur pour nous, c'est qu'on se sent en deçà, et que la seule évocation de notre ancienne complicité avec les astres, nous fait rougir.

Ou alors nous ne perdons pas de temps à critiquer, entendons nous, nous passons outre, ainsi se projette notre esprit malin, il n'a que faire de ce qu'il méprise, mais ce qui l'irrite est en lui à se morfondre.

Publié dans Poesies

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